Le Temple et son Orgue
(par Edouard Goulon et Claude Richard-Molard)

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Amis de l’Orgue du Temple de Crest

Association Loi 1901

1, Place du Temple - 26400 CREST AMOTEC — C.C.P. LYON 7055-25 Y

La musique est une morale
Elle donne une âme à nos cœurs
Des ailes à la pensée
Un essor à l’imagination
Elle donne un charme à la tristesse,
À la gaieté, à la vie,
À toutes choses
Elle est l’essence du temps
Et se lève à tout ce qui est de forme invisible
Mais cependant éblouissante
Et passionnément éternelle

PLATON

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PRÉFACE A LA 2e ÉDITION

Ami lecteur,

la première édition de cet ouvrage remonte au mois d’octobre 1987. Depuis, l’AMOTEC a poursuivi son action grâce à l’initiative d’une équipe animée par sa présidente Claude Richard-Molard. En 1988 et surtout en 1989 de nouveaux travaux de restauration et d’amélioration de l’orgue du temple ont été réalisés par MM Laval et Thivolle facteurs à la Motte de Galaure.

Les amis et sympathisants de notre association ont maintenu leur soutien financier pour mener à bien cette seconde phase de restauration. De même la municipalité de la ville de Crest ainsi que le Conseil Général du département de la Drôme ont bien voulu participer à cet effort. Nous profitons de l’occasion qui nous est offerte pour adresser à tous nos remerciements et leur dire notre reconnaissance.

Tel qu’il est aujourd’hui l’orgue du Temple remplit merveilleusement son rôle de soutien et d’accompagnement de l’assemblée des fidèles réunie pour prier et chanter la gloire de son Dieu.

Mais il réjouit aussi les oreilles et le cœur des auditeurs lors des concerts organisés par l’AMOTEC avec, bien sûr, la participation d’organistes aussi talentueux et divers que Mme Marie Louise Girot-Parot, Mme Annie Leenhardt, M Frédéric Lamantia et bien d’autres, qui, s’ils ne sont pas cités ici, voudront bien nous pardonner.

Certes un instrument tel que l’orgue du temple peut toujours être amélioré. Un organiste aimant son orgue (en existe-t-il qui ne l’aiment pas si modeste soit-il) a toujours envie d’un petit jeu supplémentaire (" une trompette de 8e par exemple ! ") et c’est bien normal même si ce n’est pas toujours bien compris par les auditeurs. Cependant il faut tenir compte des contraintes techniques et acoustiques liées à l’instrument et au local dans lequel il se trouve. Bien évidemment les contingences financières ont leur importance et doivent être prises en compte. Il y a des priorités qu’il faut respecter.

Dans cette réédition vous trouverez le détail de la composition de l’orgue du temple avant sa restauration, après la première phase des travaux et enfin sa composition actuelle.

Maintenant, votre serviteur ne saurait vous laisser sans rendre hommage à toute l’équipe de I’AMOTEC et à sa présidente Mme Claude Richard-Molard qui ont géré toutes les étapes de cette restauration. À ceux qui ne sont plus parmi nous va aussi notre reconnaissance. La somme de travail, d’imagination et de dévouement de ces femmes et de ces hommes au service de l’Église et de la musique méritent notre respect et notre merci. Il reste à l’équipe actuelle en charge des destinées de l’AMOTEC et celles qui lui succéderont d’être digne de cet héritage. Cela ne sera possible qu’avec le soutien de celles et ceux qui partagent cet amour de la musique et des autres.

François Neumann, Crest, Août 2000

 

Le temple et son orgue

– un passé, un avenir –

Par Edouard GOULON
et Claude RICHARD-MOLARD
CREST

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Préface

J’ai beaucoup de tendresse pour le temple de Crest, de cette tendresse un peu sentimentale que s’autorise l’âge mûr lorsqu’il regarde au loin vers son enfance... Enfant, adolescent, jeune homme, puis homme jeune, je venais régulièrement rendre visite à ma grand-mère, Sophie Westphal, qui souvent m’emmenait au temple.

Aussi bien, lorsqu’un groupe de personnes enthousiastes ont créé l’AMOTEC dans le but de restaurer le vieil orgue du temple, je me suis réjoui de l’entreprise et l’ai aidée de mon mieux. Que soient ici remerciés, entre autres, mes collègues de la Direction de la Musique au Ministère de la Culture qui ont fait un effort tout particulier vers la cité crestoise et vers l’outil, l’instrument de musique qui accompagnera dorénavant les psaumes des fidèles...

Mais si les subventions ministérielles sont une chose, on sait bien que rien ne se fait sans ardeur, sans amitié, sans amour ! Tout cela, le temple de Crest l’a trouvé autour de lui. Longue vie à son nouvel orgue !

Éric Westphal

Inspecteur Général du Théâtre au Ministère de la Culture.

(Publié par les soins des Amis de l’Orgue du temple de Crest.)

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Préface de Marie-Louise Girod

INTRODUCTION

Pourquoi cet ouvrage ?

Avant d’entreprendre quoi que ce soit pour rénover l’orgue du temple de Crest, je demandai au Pasteur Baccuet de rechercher ce que la paroisse détenait comme d’archives sur cet instrument. Il ne trouva que deux feuilles, mais qui furent précieuses. Par la suite le Pasteur Bergeron put me procurer un dossier assez étoffé, à tel point que je le confiai à l’un des membres de notre association des " Amis de l’Orgue du Temple de Crest " (AMOTEC), aux fins d’éditer une plaquette sur l’histoire de notre petite orgue.

À l’aide des informations qu’il y puisa, complétées par celles qu’il recueillit tant aux Archives Nationales qu’à la Société de l’Histoire du Protestantisme Français, Édouard Goulon put rédiger un mémoire sur l’histoire du temple et de son orgue et il me l’envoya. Considérant qu’on ne pouvait traiter de l’un sans parler de l’autre et qu’il n’était pas inutile de mettre en valeur des faits aujourd’hui oubliés, le comité de l’AMOTEC décida à l’unanimité de le publier in extenso. Le conseil presbytéral, informé et consulté, donna son plein accord.

Ainsi, l’AMOTEC propose cet historique à la lecture de ses adhérents, des paroissiens et des habitants de Crest, ainsi qu’à celle de tous ceux qui, pour bâtir leur avenir, aiment à connaître les racines du passé.

Je ne dirai jamais assez mon émerveillement devant les efforts constants des membres de l’association, devant leur soutien efficace dans les moments difficiles. Ma reconnaissance va envers tous les artistes et musiciens qui nous prêtent leurs concours bénévoles pour assurer le financement des travaux. Personne, ou presque, ne croyait au départ que nous pourrions être à la hauteur des ambitions souhaitées. Ensemble, nous avons avancé.

Et ce n’est peut être pas fini puisque un facteur suisse nous propose deux jeux de tuyaux qui ajouteraient à l’instrument, selon l’expression de Marie-Louise Girod-Parot " Un peu plus de brillance et de puissance ". Nous en éprouverions une vive satisfaction, pour la beauté des concerts et la joie des célébrations. Pour ma part, le travail serait achevé !

Y arriverons-nous ? L’un des buts de ce livret est de nous y aider.

SOLI DEO GLORIA !

Claude Richard-Molard, Crest, septembre 1987.

 

PREMIERE PARTIE : LE TEMPLE

I – Préliminaires – Donation d’un terrain communal – Début des travaux

Établie en application de la loi du 18 germinal An X (8 avril 1802), organisants les cultes protestants, l’Église consistoriale réformée de Crest était composée des quatre paroisses de Crest, Beaufort, Bourdeaux, Saillans et leurs annexes.

Dans les premières années de la Restauration, sa population était évaluée à environ 7150 personnes dont 1800 pour Crest et ses vingt-deux annexes.

Trois de ces paroisses ont alors un ou plusieurs temples :

à Beaufort, il a été aménagé dans un bâtiment acheté par les paroissiens et réparé. Plan-de-Baix dispose encore du vieux temple construit sous Henri IV ; on devra malheureusement le démolir en 1853, en raison de son état de délabrement avancé.

à Bourdeaux, le temple a été bâti vers 1809, au frais de la paroisse ; en 1819, il reste dû 4000 francs aux entrepreneurs. Crupies, Bézaudun et les Tonds disposent d’anciennes églises catholiques désaffectées.

Saillans vient de faire bâtir le sien, en partie par souscription ; en 1821, l’État contribuera aux dépenses en allouant 2000 francs.

Mais la paroisse de Crest, chef-lieu du Consistoire, est encore la seule ou il n’y a pas de temple. Elle doit se contenter de locaux loués ou prêtés, tout à fait inadaptés.

La nécessité de construire un temple à Crest s’imposait donc et le Consistoire en prit la résolution en 1816. Son président Louis-François Arnaud (1790-1864), pasteur à Crest depuis 1812, écrivit au Préfet de la Drôme, le 9 juin 1817, pour l’informer et lui demander l’autorisation de réunir " extraordinairement " le Consistoire à l’effet de présenter au Maire et au Conseil municipal de Crest la demande d’un emplacement convenable pour la construction de cet édifice.

Dans le même temps était ouverte, sur toute l’étendue du Consistoire, une souscription pour l’achat de cet emplacement et pour le financement des travaux.

Par délibération du 30 mai 1818, le Conseil municipal de Crest (1) accorda la concession gratuite d’un terrain situé sur la place du Grand Marché, appartenant à la commune et désigna trois commissaires (MM Jean-Louis Arnoux, Alexandre Gaspard Bovet et Félix Lafarge) pour déterminer la " position la plus convenable et la moins nuisible à l’intérêt public et aux divers usages " auxquels l’emplacement était employé.

S’étant transportés sur les lieux (10 juin 1818), les commissaires, accompagnés de MM Latune aîné (2) et Rambaud, membres du Consistoire, " après avoir attentivement et d’un concert unanime " examiné l’emplacement indiqué par le plan visé dans la délibération du Conseil municipal, conclurent " qu’il serait plus convenable de construire l’édifice proposé dans la partie qui est la plus au nord, toujours sur les mêmes dimensions et la même direction, dans l’objet de ménager davantage le terrain, du côté du midi, qui aboutit au canal afin que l’usage de ce dernier soit plus facile et plus étendu ".

Le 28 juillet suivant, le Conseil municipal approuve le rapport des commissaires.

Cependant, l’utilité de l’abandon gratuit d’un terrain communal devait être soumise à une enquête " de commodo et incommodo ". Marc Antoine Tavan, Conseiller d’arrondissement demeurant à Auriples, et Louis Marchand, Maire d’Autichamp, en furent chargés par arrêté du Sous-Préfet de Die du 22 septembre 1818.

Réuni le 10 décembre 1818, le Conseil municipal " après avoir pris lecture de la procédure de commodo et incommodo et de toutes les pièces qui y sont relatives, considérant qu’il résulte de cette procédure que l’établissement dont s’agit est très avantageux à la commune, tant pour le rapport de la morale, des bonnes mœurs et de la religion, que sous celui de l’intérêt de la ville, a unanimement délibéré qu’il persiste dans l’abandon gratuit qu’il a fait du terrain communal dont s’agit, suivant ses délibérations du 30 mai et du 28 Millet derniers... ".

Enfin, le 28 avril 1819, Louis XVIII signait au Château des Tuileries l’ordonnance autorisant le Maire de la commune de Crest " à concéder à titre gratuit, au Consistoire de l’Église réformée de cette ville, un emplacement de trente deux mètres de long sur vingt quatre de large pour y construire un temple, avec un terrain suffisant pour former un chemin qui conduira au-dit temple ".

Il avait fallu deux ans ou presque pour en arriver là. Localement, on fit diligence. Mais alors que sous le Premier Empire une simple décision préfectorale eut suffi pour entériner la délibération du Conseil municipal de Crest on dut recourir à l’agrément royal. (3)

Le consistoire ne l’avait pas attendu pour confier à un architecte, Modona, le soin de dresser les plans de l’édifice et d’établir une estimation de son coût. Ces plans, conservés dans les archives de la paroisse de Crest ne sont pas datés. Un devis sommaire du 5 août 1818, évaluant la dépense à 15.625 francs, permet toutefois de situer l’époque à laquelle furent arrêtées les caractéristiques du bâtiment.

Deux projets, assez voisins, furent présentés. Le premier comportait, notamment, quatre colonnes en façade. Il ne fut pas retenu, par mesure d’économie vraisemblablement. Le second qui fut réalisé, prévoyait un petit clocheton au sommet du mur de façade, à l’exemple de certains temples de la région. On renonça aussi à la cloche pour réduire les dépenses qui apparurent rapidement sous-estimées. Celles-ci qui, au départ, s’appliquaient peut-être au seul gros œuvre passèrent à 20.000 francs, puis à environ 30.000 au printemps 1820.

Les dimensions du temple et sa forme rectangulaire résultèrent de celles du terrain concédé. Une certaine recherche esthétique semble avoir guidé ses auteurs ; la façade s’apparente, par ses formes et décorations, à l’ordre dorique dans le goût de l’époque, mais pour le reste avec le souci manifeste de respecter les traditions protestantes de simplicité et de dépouillement.

Les premiers fonds recueillis par souscription permirent au Consistoire de passer, le 31 janvier 1820, un marché de maçonnerie avec les frères Joseph et Antoine Bouilhane (4), entrepreneurs.

Ceux-ci s’étaient engagés à terminer les travaux au 31 octobre suivant " afin que la toiture puisse être mise avant l’hiver ". Au mois d’août, les quatre murs, formant un parallélogramme de 20 mètres de longueur et de 11 mètres de largeur intérieures, étaient achevés, mais la pose de la toiture dut être retardée, faute d’argent.

II – Les embarras financiers (1820-1832).

À ce stade de la construction, il est tout indiqué de nous arrêter également pour traiter de ce problème de financement qui, longtemps, absorba les responsables du Consistoire.

Les fidèles avaient répondu généreusement à son appel et ils eurent à renouveler à plusieurs reprises leur effort initial.

Pourtant, comme le Pasteur L. F. Arnaud l’observait en 1821, " à l’exception de quelques propriétaires aisés, le Consistoire de Crest n’est presque composé que d’artisans, d’ouvriers et de travailleurs de terre qui ne peuvent donner que peu de chose ". Dans une liste des souscripteurs, établie en juillet 1817 par M. Bovet aîné, trésorier, on remarque en effet au milieu de quelques dons de 500 et 1.000 francs, une large majorité de sommes modestes. Les plus démunis eurent cependant à cœur d’apporter leur contribution en nature : tel souscrivit " pour dix journées de son état ", tel autre avec ses enfants, " pour huit voyages de pierres ", un troisième pour cinquante charges de tombereau de sables "...

On avait beaucoup compté sur l’aide des pouvoirs publics. Elle ne fut pas à la mesure de ce que l’on en attendait et il fallut même beaucoup s’employer pour l’obtenir.

À cette époque d’union des Églises et de l’État, les cultes protestants étaient placés sous la tutelle du Ministère de l’Intérieur qui disposait d’un crédit budgétaire annuel de 650.000 francs, porté à 700.000 en 1820. Il était donc légitime de solliciter le concours de l’État.

Dans une lettre du 24 juillet 1820 adressée au Pasteur L. F. Arnaud, le Comte Boissy d’Anglas, Pair de France fait valoir les limites de ce concours.

François Antoine Boissy d’Anglas (1756-1826), issu d’une famille protestante de l’Ardèche, avait été très tôt informé par le Président du Consistoire du projet de construction d’un temple à Crest et des charges financières correspondantes. Il se montra très attentif à ses représentations, d’abord pour favoriser la signature de l’ordonnance portant cession gratuite du terrain communal, ce qui n’était pas une démarche superflue, ensuite pour activer l’octroi de subventions.

Il crut bon toutefois de souligner que le crédit de 700.000 francs devait " couvrir toutes les dépenses afférentes aux cultes protestants, telles que le traitement des pasteurs et les frais de construction des temples, que sa modicité ne permettait pas l’établissements de nouveaux pasteurs nécessaires dans beaucoup d’endroits et qu’il faudrait (suivant le Ministre) près d’un million de francs, outre les souscriptions des fidèles, pour subvenir à la construction des temples demandés dans tout le royaume ".

Trois ministres de l’Intérieur eurent, successivement de 1818 à 1827, à se prononcer sur les demandes de Consistoire de CREST : le Comte Decazes (plus tard duc) qui démissionna après l’assassinat du duc de Berry (13 février 1820), le comte Siméon puis le comte de Corbière.

Boissy d’Anglas les rencontra personnellement et note à propos des deux premiers : " nous avons beaucoup perdu en perdant M Decazes, M Siméon ne prend pas le même intérêt à nos établissements. On ne peut pas dire qu’il soit mal intentionné, mais il se décide moins promptement et s’occupe moins de vous (les protestants crestois)... II parait attacher peu d’intérêt à l’existence de la commission protestante que M Decazes avait créée et qu’il rassemblait tous les mois... "

Suivant les conseils de Boissy d’Anglas, le Pasteur L. F. Arnaud présenta toutes les justifications demandées, renouvela avec insistance ses requêtes et s’allia l’appui du Préfet de la Drôme dont les avis avaient du poids auprès du Ministre.

Il sut aussi utiliser de précieuses relations. En février 1819, le directeur des affaires ecclésiastiques et des cultes non catholiques au Ministère de l’Intérieur se trouvait un maître des requêtes au Conseil d’État, Augustin Jordan, qui occupa ces fonctions jusqu’au 1er juin 1822.

Catholique, Augustin Jordan descendait d’une famille protestante dont l’ancêtre, Raymond Jordan était originaire de Lesches en Diois.

De plus, il avait épousé à Grâne, en 1808, sa nièce à la mode de Bretagne, Augustine de Mauduit du Plessis, dont la mère était l’une des sœurs du propriétaire du château de Grâne, Antoine Louis Duchesne, Avocat à Grenoble (voir note 4b ci-après).

Grâne était l’une des annexes du Pasteur L. F. Arnaud ; il y connaissait tout le monde, y compris la famille catholique des Duchesne. On ne saurait blâmer ses interventions auprès d’Augustin Jordan à qui il fit valoir que les protestants crestois et de Grâne étaient des " compatriotes " de sa femme, des " amis de sa famille et de M Duchesne ".

Il n’était pas dans le pouvoir d’Augustin Jordan de faire accorder des faveurs indues au Consistoire de Crest ; il ne s’y serait d’ailleurs pas prêté, mais il prit le dossier en main et le fit avancer, non sans mal...

Dans le courant de l’été 1820, le Ministre avait octroyé un " secours " de 6.000 francs, sur les 20.000 sollicités, le Conseil Général de la Drôme donnant pour sa part 1.500 francs.

Un certain temps dut s’écouler entre l’ouverture des crédits et leur mandatement car, en juillet de la même année, le Consistoire présentait au Ministre une nouvelle demande de 7.500 francs, à laquelle il fut répondu 18 mois plus tard par l’attribution d’un second " secours " de 2.500 francs.

Les députés de la Drôme avaient objecté que les " secours " déjà alloués au culte réformé, tant par le Ministre que par le Conseil général de la Drôme, étaient proportionnellement plus considérables que ceux alloués au culte catholique.

En décembre 1821, le Ministre annonça en ces termes l’ouverture du crédit : " Monsieur le Président du Consistoire, je viens d’affecter une nouvelle somme de 2.500 francs aux frais de construction du temple de Crest et je dois croire que, reconnaissant cette nouvelle marque d’intérêt, vos coreligionnaires s’empresseront de parfaire le surplus de la somme dont il ont encore besoin. L’appel que leur fera le Consistoire de Crest stimulera sans doute d’autant plus leur zèle qu’ils ne peuvent se dissimuler qu’ils ont été proportionnellement mieux traités dans la distribution des secours que les protestants de beaucoup d’autres églises consistoriales ".

Ces 2.500 francs, s’ajoutant aux 15.000 de souscriptions et de prêts, portaient donc à 25.000 francs le montant des recettes au début de 1822. Les travaux purent reprendre et être achevés à l’automne.

Pour résorber ses dettes, le Consistoire dut emprunter 6.000 francs à MM Lombard-Latune, dont il demanda vainement le remboursement à l’État. Vers 1830, mille francs seulement furent accordés et, deux ans après, en dépit de l’apport de 4.270 de nouvelles souscriptions recueillies depuis 1822, le déficit s’élevait encore à 5.000 francs.

,es dépenses globales, chiffrées en 1832, s’établissaient à 35.270 francs, comprenant l’aménagement d’une tribune et l’acquisition d’un orgue.

L’objectif était atteint. Cette réussite était due à la ténacité du Consistoire et de son président comme au concours de tous les paroissiens qui, en la circonstance, donnèrent un bel exemple d’attachement à leur Église.

III – Achèvement des travaux – Dédicace du temple (1822)

Nous n’avons pas oublié la toiture dont on se plait à penser qu’elle fut posée avant l’hiver 1820-1821. Le 15 août 1821, les travaux jusque là terminés avaient été payés, mais le temple n’avait encore ni portes, ni fenêtres, ni glacis, ni plafond.

Ainsi que nous l’avons dit, précédemment, l’année 1822 vit la réalisation de tous les aménagements intérieurs avec notamment la pose de bancs pour 430 places, la tribune qui fut agrandie par la suite, la chaire, le banc pour le chantre, les portes d’entrée et latérales.

Il nous parait équitable de citer les artisans auxquels nous les devons, du moins ceux dont le nom nous est parvenu : Gallisse, plâtrier à Crest, Lalier frères, charpentiers à Valence, Chamboucel père et fils, menuisiers à Crest, Nicolas Vingart, tailleur de pierres à Saint-Peray, fournisseur de deux colonnes et de l’escalier de la tribune, en pierre de Crussol, Bois, menuisier à Die, pour la chaire (qui tut remaniée en 1825 par Chamboucel fils aîné) et pour le banc du chantre.

Ajoutons Jacques Paturle et Cie de Lyon, qui pour 120 francs, fournirent la robe du pasteur et deux rabats.

La dédicace solennelle du temple fut célébrée le dimanche 1er décembre 1822 par le Pasteur L. F. Arnaud.

Cette cérémonie fut préparée avec le plus grand soin. Nous n’en avons pas trouvé le compte rendu, mais on peut imaginer facilement l’émotion des protestants crestois et des alentours pénétrant dans leur nouveau temple et la ferveur avec laquelle ils rendirent grâces à Dieu dans ce premier culte.

Un règlement avait été pris, avec les dispositions principales suivantes :

des billets d’entrée avaient été distribués à chaque souscripteur, ainsi qu’aux invités des anciens. Ils étaient valables jusqu’à 9 h 30, heure à laquelle le public fut admis.

Des bancs étaient réservés pour les anciens et les diacres de l’Église et pour leurs familles ; d’autres, pour les étrangers, invités particulièrement par le Consistoire.

Les pasteurs, les anciens, les autorités et les diacres se réunirent à 9 h 45 dans le local tout proche tenant jusqu’ici lieu de temple ; ils se formèrent en cortège, les pasteurs en tête, et entrèrent dans le temple neuf par la grande porte qui ne fut ouverte que pour eux. Des fauteuils étaient prévus pour les pasteurs et les autorités.

À l’issue de la cérémonie, le cortège retourna dans l’ancien temple et clans le même ordre.

Il y eut, l’après-midi, un second service réglé comme celui du matin.

Valable pour la seule dédicace, ce règlement fut suivi d’un autre " pour l’ordre à observer à l’avenir dans l’intérieur du temple ". On en retiendra :

La division des bancs en quatre classes, comportant un loyer annuel, pour les trois premières, de trois, deux et un francs, la dernière classe étant gratuite. Tous les bancs étaient numérotés, de même que les places de chaque banc. Dans les places louées, hommes et femmes étaient séparés. Les places louées devenaient communes après le commencement du service, afin d’inciter les fidèles à l’exactitude.

En toutes saisons, le service religieux commençait à 10 h 30 par la lecture de la Sainte Bible et le chant des psaumes. Le pasteur montait en chaire à 11 heures.

Il était expressément défendu d’amener dans le temple des chiens ou " tout autre animal ".

Les parents ayant des enfants trop jeunes pour profiter du culte et dont les pleurs pouvaient distraire l’attention, étaient priés de ne point les amener.

Enfin, le pasteur était chargé du contrôle de la collecte, d’en prendre note et de la verser lui-même dans la caisse du trésorier.

La décision de louer un certain nombre de places fut assurément prise avec regret, mais le Consistoire avait – nous l’avons vu – un pressant besoin de solder les comptes et de nouveaux ouvrages restaient à faire.

IV – Réalisations nouvelles (1859-1863)

En dehors de l’achat d’un orgue en 1824, aucune dépense d’importance ne put être envisagée avant longtemps.

Vers 1850-1851, il fut pourtant projeté de prolonger le temple de six mètres et de construire deux corps de bâtiments destinés à la salle du consistoire et à l’école du dimanche. Les frais en étaient estimés à 7000 francs.

Devant une telle dépense et, peut-être aussi, en raison des graves événements dont Crest et ses environs furent le théâtre, après le Coup d’État du 2 décembre 1851, le projet fut abandonné, provisoirement du moins.

Il fut repris en 1859 et 1863, avec d’une part l’agrandissement de la tribune et, d’autre part, la construction d’une sacristie.

Le Consistoire de Crest en délibéra comme suit :

– Tribunes (séance du 10 novembre 1858)

" ...Le Conseil presbytéral de Crest montre (au Consistoire) que l’agrandissement du temple est devenu nécessaire à cause de l’augmentation considérable de la population protestante et de la maison des orphelines (5) dont les élèves vont toujours croissant, qu’on avait d’abord formé le projet d’allonger le temple du côté de l’est pour avoir plus d’espace, et de construire dans les ailes latérales des pièces qui auraient servi pour les réunions du Consistoire, l’instruction des catéchumènes et l’école du dimanche, mais que ce projet dont l’exécution aurait coûté 7000 francs a paru trop considérable et qu’alors on s’est borné au projet de construire deux tribunes latérales joignant l’ancienne au milieu de laquelle est placé l’orgue et dont la dépense n’est estimée qu’à 950 francs, qu’un nouvel appel avait été fait aux fidèles pour couvrir cette dépense, mais que la collecte n’a produit que 450 francs et que, dans cette pénurie de moyens, il a recours à la bienveillance du gouvernement.

" Le Consistoire entendu la délibération du Conseil presbytéral de Crest...

Considérant que l’Église de Crest est appelée, chaque année, à faire des dépenses considérables pour l’entretien de son orphelinat, de son asile, de son école, de son culte et de ses pauvres, nombreux dans une ville d’industrie, est unanimement d’avis d’approuver la demande du Conseil presbytéral de Crest ".

Le 24 mars 1859, le Préfet de la Drôme transmit au Ministre de l’Instruction publique et des Cultes et avec avis favorable la demande. Un crédit de 500 francs fut accordé le 12 avril suivant.

– Sacristie (séance du 15 avril 1863)

" … il y a plusieurs années, mais surtout depuis la nouvelle organisation de l’Église, que le besoin se fait sentir de la construction d’un petit bâtiment derrière et attenant au temple de Crest; le nombre des membres du Consistoire est trop considérable pour que les réunions aient lieu chez son président, elles ont lieu dans le temple et ce local est très froid pendant l’hiver...

La même observation s’applique aux réunions pour l’instruction religieuse des catéchumènes, à celles des écoles du dimanche, du Conseil presbytéral, pastorales... "

Le Préfet de la Drôme présenta ainsi au Ministre cette nouvelle demande (18 septembre 1863) :

" Le Consistoire de l’Église réformée de Crest a fait dresser le projet de construction d’une salle attenante au temple protestant de cette ville et destinée principalement aux séances de l’assemblée et à servir de sacristie et d’archives.

La dépense, qui a été fixée d’après le projet à la somme de 4100 francs serait couverte au moyen d’une somme de 2000 francs que M le Président tient à la disposition de l’autorité locale et au moyen d’un secours de 2100 francs que le Consistoire sollicite de la bienveillance du gouvernement...

La situation financière de la Commune ne lui permettant pas de prendre à sa charge la moindre partie de la dépense à effectuer, je verrais avec plaisir qu’il fut possible à VE d’accueillir favorablement la demande de secours ".

Le 15 octobre, le Ministre ouvrit un crédit de 1500 francs, dont l’ordonnancement fut prescrit le 14 mars 1865. Les travaux étaient entièrement terminés depuis plusieurs mois et avaient coûté environ 4500 francs.

V – Grosses réparations (1897-1899) – Constructions du presbytère (1908-1910)

Avant de faire un nouveau saut dans le temps, il nous faut signaler deux évènements qui font date dans l’histoire de l’Église réformée de Crest.

D’abord la création, en 1852, d’un Conseil presbytéral, élu par les membres de l’Église portés sur le registre paroissial, sans considération fiscale. Ce n’était pas le cas des membres du Consistoire, qui avaient été choisis parmi les fidèles les plus imposés sur toute son étendue géographique. L’église locale y gagnait en liberté d’action.

Le deuxième événement fut la mort du Pasteur Louis François Arnaud, le 4 août 1864, et son remplacement, le 12 octobre, par son fils François Eugène (1826-1905) qui fut officiellement installé en qualité de pasteur à Crest le 23 avril 1865.

Le 50e anniversaire du ministère pastoral de L. F. Arnaud avait été célébré au temple de Crest le 25 mai 1862.

Il n’est pas dans notre propos de rappeler ce que furent les pasteurs Arnaud, père et fils, et ce que leur doit l’Église réformée de Crest. Selon l’Écriture, ils se reposent de leurs travaux et leurs œuvres les suivent.

À la fin du siècle, le temple du Crest a vieilli et des réparations majeures s’imposent.

Trois mémoires de travaux nous en donnent une idée. Ceux-ci turent exécutés, de 1897 à 1899. par Elie Faure, entrepreneur de maçonnerie à Crest, Bernard Juge, également entrepreneur à Crest, et A. Audra, de Montélimar, fournisseur de menuiserie.

Ces réparations s’appliquèrent principalement à la toiture, à la façade, au plafond, aux murs intérieurs, au parquet, aux boiseries des murs, aux bancs de la tribune, à la porte d’entrée, à la réfection de peintures clans le temple et la sacristie, etc.

C’est à cette époque, semble-t-il, que furent posés les vitraux, fournis par Thomas, peintre verrier à Valence.

Les dépenses furent au moins égales aux recettes, essentiellement recueillies par souscription : 8500 francs.

C’est donc dans un temple entièrement rénové que fut célébré le 50e anniversaire du ministère pastoral de François Eugène Arnaud (8 avril 1900).

Le XXe siècle va apporter un changement marquant dans la vie des Églises, avec la loi du 9 décembre 1905 mettant fin au régime du Concordat.

L’Église réformée de Crest, comme les autres, devra désormais assumer en totalité les charges d’entretien ou de renouvellement de son patrimoine immobilier.

Dans cette situation nouvelle, elle montra toute sa vitalité car, dès 1908, se construisit à l’est du temple le logement du pasteur, sur les plans de A. Cheynel, architecte à Buis les Baronnies.

Les travaux furent réalisés sur trois années, 1908, 1909 et 1910, avec un coût global d’environ 24.250 francs.

M Paul Vinard (1850-1925), Vice-président du Conseil presbytéral fut chargé de leur coordination et de la responsabilité financière.

Jusqu’à nos jours, ce patrimoine a été maintenu sans transformations sensibles, si ce n’est à l’intérieur du temple, assez profondément modifié et modernisé.

Les fidèles d’autrefois se montreraient peut-être surpris de l’absence de chaire, mais apprécieraient certainement les avantages du nouveau système de chauffage, ceux de la sonorisation et des autres améliorations matérielles.

Nous ne nous y attarderons point, puisque chacun peut toujours en juger par soi-même.

 

DEUXIEME PARTIE : L’ORGUE

Introduction

En France et jusqu’à la Révocation de l’Édit de Nantes, l’orgue n’a pas sa place dans les cultes réformés. Seul le chant, pensait-on, pouvait servir à l’édification de l’Église et, en particulier celui des Psaumes.

Les jeunes protestants, dans leurs " petites écoles ", apprenaient à chanter les admirables Psaumes des Marot, Théodore de Bèze et Conrart, mis en musique par Loys Bourgeois et Goudimel.

Le protestant français était, pour les catholiques, l’homme qui chantait des Psaumes. Il le faisait bien.

Ce n’est qu’après le rétablissement des libertés religieuses et les troubles de la révolution que l’orgue commence à pénétrer dans les temples protestants (6) et nul alors ne lui conteste plus le droit et le devoir de participer au culte.

À défaut d’orgue, l’Église réformée de Crest dut se satisfaire, avant d’avoir pu construire son temple, des services d’un chantre dont la mission était d’entonner et de soutenir le chant.

Mais, au début du XIXe siècle, après plus de cent années de silence imposé, comment les protestants crestois chantaient-ils leurs Psaumes ? La plupart d’entre eux n’avaient sans doute qu’une culture musicale limitée... Aussi, était-il naturel et souhaitable qu’ils aient voulu se doter d’un orgue pour conduire leurs chants et pour donner en plus à leurs cultes " de la grandeur et de la solennité ".

Ils en avaient prévu l’emplacement à la tribune du temple à bâtir et procédèrent à son acquisition dès qu’ils furent en mesure de le faire.

I – L’ORGUE À CYLINDRE (1824-1858)

Au printemps de 1824, disposant de quelques fonds réunis par souscription, le Président du Consistoire se mit en relation avec un fabricant de Mirecourt, Payonne, gendre et successeur (vers 1823) de Lété-Simon aîné.

L’orgue du temple de Dieulefit avait été fourni par la Maison Payonne-Lété. Le Pasteur L. F. Arnaud estima que cet instrument, qu’il connaissait, correspondait à ce qu’il était convenable d’installer dans le temple de Crest.

Payonne n’est guère connu comme facteur d’orgues, et parait avoir été plutôt le dirigeant de l’entreprise qui prit naissance à Paris avant de s’installer à Mirecourt, où elle fabriquait non seulement des orgues, mais toutes sortes d’instruments de musique.

Son beau-frère, Nicolas Antoine Lété (1793-1855), eut par contre une certaine renommée comme facteur d’orgues. On lui doit un grand nombre d’orgues à cylindre, mais aussi 23 grandes orgues d’église (dont Bar sur Aube, Annecy et Nantua).

L’orgue à cylindre n’était pas une nouveauté. Au 18e siècle, Dom François Bedos de Celles, dans son magistral traité " L’art du facteur d’orgues " (1776-1778), en avait fait la description.

L’usage s’en répandit après la Révolution et le Premier Empire, où par suite de la suppression des maîtrises, l’art de toucher l’orgue était presque entièrement éteint et les organistes devenus rares.

Ces instruments, avec ou sans clavier à main, rendirent de grands services aux paroisses de la campagne et des petites villes. Ils présentaient l’avantage de substituer une mécanique à l’organiste, d’être de bonne confection et peu coûteux. Léte-Simon fut de ceux qui contribuèrent à leur diffusion.

Les cylindres, éléments interchangeables, comportaient des crans ou dents, disposés en fonction de la musique à reproduire. Les révolutions du cylindre, actionné à la manivelle, faisaient agir les crans sur les touches d’un clavier.

L’orgue à cylindre pouvait être utilisé comme un orgue ordinaire, s’il disposait d’un clavier à main. Ce fut le cas du premier orgue à Crest.

Il fut livré en caisses (1825) et son montage fut laissé aux soins des utilisateurs qui reçurent les instructions écrites nécessaires pour le faire mouvoir.

Il revint à 3000 francs, en comptant les frais de caisses, de transport, de musique (composition des cylindres) et divers aménagements complémentaires à son installation sur la tribune.

On en commit quelques dimensions 6 pieds 1/4 de hauteur – 1 pied = 33 cm –, 54 pouces de large et 25 pouces de profondeur. La caisse avait 7 pieds, le devant et le derrière se fermant avec des volets.

Il était composé de 5 jeux et, peut-être, d’un sixième demandé tardivement et qui pourrait avoir été une tierce.

Composition : 2 jeux en bois, bourdon et flûte

3 jeux en étain, quinte, doublette, octave de la quinte.

Chaque jeu avait 42 tuyaux ; les sommiers du bourdon et de la flûte étaient à double soupape.

Pour soutenir la montre (3 pieds ou 3 1/2), qui était muette, il y avait un sommier postiche orné de trois tourelles. De chaque côté de la montre était placée une colonne.

Le clavier à toucher comportait 42 touches en ivoire, les demi-tons étant en bois d’ébène. Le clavier à cylindre en avait 32, mais il n’y avait pas de pédalier.

" La personne qui touchait l’orgue ainsi que l’homme à manivelle " n’étaient point vus.

Le soufflet à plusieurs plis était mû par une pédale.

Enfin, dix cylindres à 96 crans, de 42 pouces de long et de 7 pouces de diamètre, permettaient le jeu de 36 airs différents, principalement des Psaumes choisis dans le Psautier de Lausanne de 1798.

Il a été conservé copie de la lettre adressée le 5 février 1826 à Payonne et qui fait la critique de l’instrument. Nous en donnons les extraits les plus significatifs :

" Monsieur, vous devez être étonné que nous ne vous ayons pas encore donné de nouvelles de notre orgue. Il est en effet arrivé depuis le 8 décembre, sans accident grave, la montre a été seulement un peu endommagée mais il nous a été facile de remettre en place les tuyaux dérangés. Maintenant, Monsieur, voici nos observations qui vous expliqueront notre long silence. Avant de juger votre instrument, nous avons voulu le connaître parfaitement et vous devez comprendre que, pour nous qui étions novices, il nous a fallu assez de temps pour l’étudier dans toutes ses parties pour en reconnaître les défauts comme les bonnes qualités. Le son ne nous laisse rien à désirer, l’harmonie est très bonne, l’instrument paraît solidement construit ; à cet égard, nous n’avons que des éloges à vous donner ".

La suite de la lettre, qui en est la partie la plus importante, concerne le fonctionnement défectueux des touches du clavier à cylindre et la mauvaise qualité de la musique : " ... dans beaucoup de Psaumes il y a des mesures de trop et dans d’autres il en manque. L’harmonie de l’accompagnement n’est pas toujours juste. Sur les 7 premiers cylindres, vous nous avez piqué des airs dont toutes les notes sont égales ; sur les 3 derniers, vous avez suivi la valeur des notes, c’est ainsi que nous avions demandé tous les airs. ...Vous ne sauriez croire combien cette diversité de méthode a d’inconvénient pour notre public, en général peu instruit dans la musique... "

Nous ne savons qui rédigea cette lettre. L’orgue à cylindre, ayant été utilisé jusqu’en 1858, on peut espérer que sa mise au point put être effectuée de façon satisfaisante.

II – L’ORGUE BEAUCOURT (1858) modifié par MERKLIN (1897)

C’est encore le registre des délibérations du Conseil presbytéral de l’Église réformée de Crest qui nous éclaire le mieux sur l’installation du nouvel orgue (séance du 2 novembre 1858) :

" Le Président expose... la nécessité de changer l’orgue à manivelle dont nous nous servons depuis 34 ans pour accompagner le chant dans notre temple. Cet instrument, à force de réparations et d’accordements, était devenu très défectueux. Vous avez voulu le remplacer par un orgue meilleur, d’une plus grande puissance de sons et d’un clavier plus étendu. Vous vous êtes adressés à un facteur de Lyon (Beaucourt) bien connu par les ouvrages de ce genre qu’il a déjà faits. Il est venu sur les lieux, il a considéré la capacité du temple ; vous avez convenu avec lui qu’il vous fournirait un instrument convenable pour le prix du 2750 francs, mis en place, à compte desquels il s’est chargé de l’ancien au prix de 200 francs. Dès lors, une souscription fut ouverte parmi les fidèles, elle fut bientôt remplie. L’orgue est mis en place depuis le 15 septembre ; maintenant il est payé ".

Faute d’éléments, nous ne pouvons le décrire et il nous faudra attendre le devis de réparations de 1889 pour avoir un aperçu de sa composition.

En 1858, Henri Beaucourt était associé à J. M. Voegeli, importateur en France de la nouvelle théorie mathématique de la facture d’orgues de J. G. Töpfer. Il appartient à la période dite de transition où s’illustrèrent les facteurs Callinet, Daublaine-Callinet, Stiehr et Nicolas Antoine Lété, déjà cité.

– 1889

En février 1889, Beaucourt procéda au relevage de l’orgue qu’il avait installé trente ans plus tôt. Son devis (470 francs) nous renseigne quelque peu sur l’instrument.

Il commence par observer que celui-ci, de facture ancienne mais consciencieuse, n’a pas été entretenu régulièrement. Il se trouve maintenant dans l’impossibilité de fonctionner convenablement : sa mécanique est devenue quinteuse et son accord aussi bien que son embouchage sont totalement perdus.

Le relevage ou époussetage pouvait, à son avis, amener l’instrument à ce qu’il était lors de sa livraison.

Il proposait de la compléter par un 5e jeu, ce qui n’offrait aucune difficulté, l’instrument ayant été conçu pour le recevoir.

Le jeu, dit-il, qui convient le mieux " soit au milieu, soit comme effet à lui propre, soit aussi comme mélange avec ceux existants est un dessus de salicional de 8 pieds avec basse en 4 pieds. Le dessus est un jeu en étoffe, à bouche et ouvert, il sera avec entailles d’accord et sera accordé en céleste avec les autres jeux... Quant à la basse, d’une octave plus haut que le dessus, elle serait en bourdon également en métal... "

– 1897

De nouveaux travaux de relevage et surtout d’amélioration sont entrepris. Confiés à J. Merklin et Cie de Paris, ils furent exécutés en mars.

Tous les tuyaux furent nettoyés et réparés ; ceux en étain furent allongés " pour recevoir l’application d’entailles harmoniques ayant pour but de donner aux jeux beaucoup de clarté, de sonorité et de faciliter l’accord et l’entretien ".

Le jeu de flûte 8p, incomplet et d’une mauvaise sonorité, fut remplacé par un jeu de gambe 8p en étain.

On fit " application d’une boîte d’expression consistant en une devanture de lames mobiles mises en mouvement au moyen d’une pédale et produisant les effets de pianissimo et de fortissimo de tous les jeux ".

Le sommier et toutes les pièces du mécanisme de transmission des mouvements des claviers et des registres furent nettoyés, visités soigneusement et réglés à nouveau.

Enfin, le buffet fut agrandi en profondeur afin de placer la devanture de lames mobiles.

La nouvelle composition de l’orgue se présentait ainsi :

1/ Montre 8p
2/ Bourdon 8p
3/ Gambe 8p
4/ Prestant 4p
5/ Trompette 8p

Le Pasteur F. E. Arnaud avait demandé de faire " en sus et gratis deux perfectionnements : 1) adapter une pédale au jeu de trompette de façon à pouvoir l’actionner si besoin était ; 2) séparer le jeu en deux moitiés indépendantes ".

Ce ne fut pas accordé par Merklin.

La dépense s’éleva à 1300 francs, couverte par un don exceptionnel de Madame Maracci (900) et par ceux de quelques familles protestantes de Crest : M Mmes Breyton, Casteran, Galibert, Charles Latune, Maunoir, Mazade, Reboul-Garnier, Valayer, Melle Madeleine Barral, MM Arnaud, pasteur, Chabrières (Lyon), Fallot, Peloux, pasteur, Ernest Reboul, Dr Ricateau, Dr Scheffer, Charles Tavan, Valayer (de Lyon).

Le Docteur André Ricateau, comme le Pasteur F.E. Arnaud, furent satisfaits du travail de Ziegler, harmoniste de Merklin.

Nous ne saurions manquer de rendre, au passage, hommage à la mémoire du Dr Ricateau, décédé en 1937, après une soixantaine d’années d’activités bienfaisantes au service des Crestois. C’était également un fin musicien qui, longtemps, remplit les fonctions d’organiste et dirigea la chorale de la paroisse.

– 1925-1926

Comment l’orgue Beaucourt-Merklin résista-t-il à l’usure du temps et au manque d’entretien, maladie chronique des orgues d’églises ? En 1897, Merklin avait recommandé de procéder à deux accords annuels.

Des accords, même réguliers, ne suffisent cependant pas à maintenir en état un instrument aussi complexe et délicat qu’est un orgue.

Dans le numéro d’octobre 1925 de " l’Écho de la Drôme et de l’Ardèche " (périodique protestant), nous lisons à la rubrique " Crest " :

" Le 2 septembre, c’était la Fête des orphelines, toujours populaire et aimée dans notre région... Nous remercions notre éloquent prédicateur M le Pasteur Boegner (Marc) de Paris...

Huit jours plus tard, le temple se remplissait à nouveau pour un concert de musique religieuse. On célébrait ainsi le centenaire du premier orgue, en même temps que l’on cherchait les ressources nécessaires à la restauration de l’orgue actuel... "

Qui effectua les travaux ? En quoi ont-ils consisté ? Nous l’ignorons. Nous savons seulement que le 1er septembre 1926, puis le 7 septembre 1927, Alexandre Cellier (1883-1968), l’éminent organiste, compositeur et musicologue protestant, donna deux concerts, hautement appréciés, au temple de Crest. Sa présence laisse à penser que l’orgue avait alors été restauré, à la hauteur de ses talents.

On observe également qu’à cette époque, l’Église réformée de Crest organisait dans son temple plusieurs concerts annuels au profit de ses œuvres, des réparations du temple ou de l’orgue ou pour améliorer sa situation financière.

– 1986

Les Crestois ont encore présent à l’esprit et à l’oreille le concert donné le 11 avril 1986 par Mme Marie Louise Girod-Parot, organiste du temple de l’Oratoire du Louvre à Paris, à l’occasion du concert inaugural de l’orgue, une nouvelle fois restauré.

C’était l’aboutissement d’un patient travail de mobilisation des fidèles et de leurs amis du dehors, comme de l’activité d’un petit groupe de personnes dévouées et animées d’une ardeur très efficace.

Depuis longtemps des voix s’étaient élevées pour déplorer le triste état de l’instrument qui devenait de moins en moins utilisable.

L’arrivée de quelqu’un qui pouvait tenir l’orgue provoqua le déclic attendu. Georges et Claude Richard-Molard vinrent s’établir à Crest en mars 1984.

– 1984-1987 : L’organiste de service raconte…

En mars 1984, j’allais au culte pour la première fois dans notre nouvelle paroisse. Cela tombait précisément sur le jour de l’Assemblée générale annuelle. Levant les yeux vers la tribune éteinte, j’interrogeais : " Personne ne joue ? " – " Non, hélas ! mais si vous voulez monter, on sera bien content… " J’accompagnais donc comme je le pus, car le clavier extrêmement dur, les jeux pleins de " trous ", et le demi pédalier décalé par rapport à la norme avaient découragé mes précédents collègues… 3 jeux sur 5 fonctionnaient à moitié sur l’unique clavier.

Je redescendis écouter les rapports, et j’entendis soudain : " Eh, bien ! maintenant qu’on a une organiste, on va réparer l’orgue ! " Ainsi adoptée, et nantie de l’accord du Conseil Presbytéral, je commençai à établir des contacts, provoquer des réunions et consulter des facteurs d’orgue dans le courant de l’été.

En novembre 1984, une trentaine de personnes réunies autour de l’instrument à la tribune acceptèrent avec enthousiasme les propositions de rénovation. L’association " Les amis de l’Orgue du Temple de Crest " (AMOTEC) était née.

Je ne pus en accepter la présidence que forte du soutien du comité élu : René Point et Jean Reynier, vice-présidents, Louise Faure, secrétaire, Raymonde Bruyer, trésorière, et dans l’ordre alphabétique, Germaine Alloird, Jean-Louis Alcouffe (chef de la chorale), Louis Bondono, Jean-Marc Gorse, Evelyne Goy, Perrine Heinrich, Huguette Lebras, Odette Locatelli, Maurice Perdrizet, Monique Point, Mireille Rozier, Ginette Veyrier. Le fonctionnement normal des assemblées générales a accepté 3 démissions et accueilli en remplacement Yves Rochat, Henri Buffler et Jacques Joubert, ces deux derniers offrant leurs services à l’orgue.

L’AMOTEC s’est voulue œcuménique, à l’image de la chorale, et débordant la ville de Crest. L’article 2 des statuts mentionné dans le Journal Officiel du 2 janvier 1985 stipule :

" Pourvoir à la rénovation de l’orgue afin qu’il puisse mieux servir à la vie spirituelle de la paroisse réformée évangélique de Crest. Veiller à son emploi judicieux en dehors des besoins de l’église, en particulier en le mettant éventuellement à la disposition de l’école municipale de musique. Assurer son entretien ". En raison de ce " caractère artistique, culturel et éducatif ", la Direction Général des Impôts accorda en sa lettre du 29 janvier 85 une déduction de1% du revenu imposable des donateurs.

Des prêts et dons anonymes permirent d’avoir un plan de financement au départ. Le docteur et Mme M. Rozier, M Perdrizet s’employèrent avec succès a obtenir des subventions à l’échelon local, régional et national, ainsi que des dons des villes jumelées. Édouard Goulon écrit : " II apparut rapidement que l’entreprise était assurée du succès ; le devis présenté par les Établissements Laval et Thivolle, facteurs d’orgues à la Motte de Galaure (Drôme) fut retenu ". Les jeux anciens furent réutilisés dans la mesure du possible. Les travaux furent achevés en mars 1986, et entièrement payés en juin. On peut mesurer, par l’actuelle composition, combien l’orgue fut enrichi :

Deux claviers de 54 notes chacun.
Un pédalier de 27 notes.
Grand Orgue : Montre 8’- Prestant 4- Doublette-Larigot
Positif : Bourdon 8’ - Flûte 4 - Nazard - Trompette
Pédalier : Sousbasse 16’ - Flûte 8’.
Tirasses I et II - Accouplement.

Les nouvelles possibilités de l’orgue ne pouvaient pas être mieux démontrées que par Marie-Louise Girod-Parot, organiste à l’oratoire du Louvre à Paris, au cours du concert inaugural du 11 avril 1986, concert. qu’honorèrent de leur présence le président du Conseil Général de la Drôme, Rodolphe Pesce, Mme Mazuray, de l’ADDIM, le Maire de Crest, Max Tabardel. M.-L. Girod donna libre cours à son talent d’improvisatrice sur le thème du Psaume " Que Dieu se montre seulement... " que je lui proposai. Plus de 400 personnes l’applaudirent. D’autres concerts suivirent, avec l’aimable concours d’Yvaine Duisit, fille de l’ancien pasteur de Crest, Eddy Bernard, organiste aux Etats-Unis, de Bernard Heiniger, organiste en Suisse, Jacques Jarmasson, trompettiste en Avignon, Odette Goulon, organiste à Paris, Jean-Christophe Robert, hauboïste.

Hormis l’organisation de ces grands concerts, et pour chercher à répondre aux demandes de prestations des musiciens habitant la région, le comité créa " l’heure musicale du temple " en fin d’après-midi certains dimanches. Nous avons ainsi accueilli : Henri Buffler, Renaud Arnoux, tromboniste, Annie Leenhardt, organiste à Montélimar, Liliane Tauleigne, organiste à Valence, Gilbert Faurite, violoniste, Jean-Marie Faurite, Annabel Faurite, Jean-Philippe Faurite, hauboïste.

Offrir aux habitants de Crest et de la région une musique pour tous, nous apparaît être l’observance du statut " veiller à l’emploi judicieux de l’orgue ".

En ce qui concerne l’instrument, son histoire, comme je le soulignais dans l’introduction, n’est peut-être pas achevée... Selon l’antique expression cévenole " Dieu Voulant ", la vitalité de l’AMOTEC poursuivra sa route. Nous la confions aux lecteurs ! Et je rends la parole à Édouard Goulon pour conclure.

CONCLUSION

Dans cet exposé de l’histoire de son temple et de son orgue, nous avons évoqué quelques événements qui touchent à l’histoire de l’Église réformée de Crest. Les uns appartiennent à un passé déjà bien éloigné, les autres sont encore tout proches.

L’histoire d’une église ne peut cependant se limiter au rappel de quelques dates, elle s’apprécie aussi en fonction de la fidélité de ses membres à la Parole de Dieu.

Nous avons noté, à plusieurs reprises, les marques d’enthousiasme, de générosité, de persévérance et les efforts qui ont été déployés, chaque fois qu’il était nécessaire, génération après génération.

Sans doute, de telles qualités se manifestent-elles dans toutes les entreprises auxquelles les hommes attachent une certaine valeur.

Mais, quelles que soit l’admiration et la reconnaissance que nous avons pour ceux qui nous ont légué ce précieux patrimoine comme ceux qui veillent à sa conservation, nous ne pouvons oublier que nous le devons avant tout à Celui qui en est la pierre angulaire.

Ils le savaient bien tous ceux qui avaient pris place dans le temple de Crest, en ce dimanche 1er décembre 1822, et qui chantèrent peut-être dans la joie le Psaume 127 :

On a beau sa maison bâtir
Si le Seigneur n’y met la main
On ne peut que bâtir en vain.

Paris, le 8 octobre 1986 Crest, le 8 octobre 1987

NOTES

(1) En 1818, M. Terrasse, adjoint, remplissait les fonctions de Maire de Crest dont la place était vacante par décès.

Il y avait plusieurs protestants parmi les Conseillers municipaux.

(2) Il s’agit de Paul René Elizabeth Lombard-Latune (1765-1829),Mairie de Crest (1820-1829) – Membre du Consistoire depuis sa création (1er août 1802) – Secrétaire du Consistoire à partir de 1812.

Son frère, Barthélemy (1770-1844), fut aussi membre du Consistoire, du 4 janvier 1810 à sa mort, et diacre à partir de 1803.

(3) La cession gratuite du terrain communal, servant d’assiette au temple de Dieulefit, fut autorisée par une lettre du Préfet de la Drôme du 8 frimaire An 13 (29 novembre 1804).

(4) On rencontre aussi l’orthographe Bouilliane. Nous avons retenu celle de leurs signatures.

(4b) Le château de Grâne avait été acheté en 1791 par Pierre François Duchesne, né à Romans en 1743, mort à Grenoble en 1814 étant bâtonnier de l’ordre des avocats de cette ville. Il avait été, notamment, procureur syndic de Crest en 1795, membre du Conseil des Cinq-Cents et Tribun.

Pierre François Duchesne avait épousé Rose Euphrasine Périer, sœur jumelle de la mère d’Augustin Jordan, Marie Elisabeth Périer, de la grande famille grenobloise des Périer.

Son fils, Antoine Louis Hippolyte Duchesne (1781-1854) hérita du château de Grâne.

À signaler Rose Philippine Duchesne (1769-1852), fille de Pierre François Duchesne, religieuse. Elle séjourna au château de Grâne pendant la Révolution ; en 1818, elle s’embarqua pour les États-Unis où elle fonda des maisons du Sacré-Cœur. Elle fut proclamée bienheureuse le 12 mai 1940.

(5) C’est en 1847 que des orphelines de Livron furent transférées à Crest. L’orphelinat de Crest fut construit en 1856.

(6) Nous parlons ici des édifices construits pour le culte protestant et non des anciennes églises catholiques transformées en temples. Dans les pays passés à la Réforme (Allemagne, Angleterre, Pays Nordiques), la situation fut différente, les protestants conservèrent les orgues des églises qu’ils avaient occupées.

(7) Madame Claude Richard-Molard est aussi la fille du Pasteur Charles Westphal (1896-1972) qui fut consacré au Saint Ministère dans le temple de Crest, le 4 janvier 1926. Il succéda au Pasteur Marc Boegner à la Présidence de la Fédération protestante de France en janvier 1961, fonction qu’il exerça jusqu’en 1970.

NOTE : Composition actuelle de l’orgue du temple de Crest, après les restaurations effectuées en 1989 et 1995

Grand orgue :

Montre 8’’
Bourdon 8’’
Prestant 4’’
Doublette 2’’
Trompette 8’’
Fournitures 2 rangs

Positif ou Récit :

Flûte à cheminée 8’’
Flûte 4’’
Quarte 2’’
Nazard 2 2/3
Larigot 1/3
Tierce 1 3/5

Pédalier :

Sousbasse 16’’
Bourdon 8’’
Tirasse I
Tirasse II
Accouplement II-I

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LISTE DES PASTEURS A CREST

28.09.1802 - 15.08.1807 Pierre Lombard-Lachaux
20.10.1807 - 30.08.1808 Jacques Molines
16.09.1809 - 05.12.1811 Auguste Ferdinand Schafter
16.01.1812 - 04.08.1864 Louis François Arnaud
12.10.1859 - 13.03.1876 Paul Gaufres (suffragant puis second pasteur a/c du 17.12.1862)
12.10.1864 - 1903 François Eugène Arnaud (installé le 23.04.1865)
19.04.1876 - 03.07.1885 Émile Houter (second pasteur)
09.09.1885 - 1900 Élisée Peloux (second pasteur)
1901 - 1920 Louis Émile André Faure (de 1901 à 1903, second pasteur)
1904 - 1906 Gaston Bourguet (second pasteur)
1914 - Brunet, pasteur auxiliaire (à Grâne)
1920 - 1926 Georges Dunant-Fallot
1926 - 1927 Melle Barnier, diaconesse évangéliste
1927 - 1928 Louis Émile André Faure (intérim)
1929 - 1935 Hébert Roux
1929 Melle Lepresti, diaconesse évangéliste à Grâne
1932 - 1939 Eddy Bernard (second pasteur en 1932 et 1935)
1939 - 1941 André Aeschimann
1942 - 1945 Charles Foltz
1948 - 1955 Émile André Fuchs
1956 - 1963 Raoul Cabrière
1964 - 1975 André Parlier
1976 Melle H. Thomas, assistant pasteur
1977 - 1985 Guy Baccuet
1985 - 1992 Franck Bergeron
1992 - 1994 Pascale Martin
1993-1995 Jean Dumas
1995 - 2002 Samuel Amedro
2004 - Nicolas Baud

Sources Histoire des protestants de Crest, F. E. Arnaud (1893) Collections incomplètes de l’Agenda Protestant et de La France Protestante.

Note importante : à partir de 1900, les dates sont données à titre indicatif.

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Texte repris et recomposé par les soins de Nicolas Baud

Amotec